Les mises en chantier de logements vont se replier en 2012 et 2013 |
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| Écrit par Pierre Havez |
| Mercredi, 22 Février 2012 18:30 |
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Les secteurs de la construction et de la promotion immobilière devraient inexorablement reculer dans les deux prochaines années, selon l'analyse de Michel Mouillart, professeur d'économie à l'université Paris Ouest. Ces prévisions publiées par Nexity vont à l'encontre du constat alarmant du promoteur immobilier sur le manque de logement en France. Evaluant l'impact de la crise financière sur le logement et la solvabilité des ménages, Michel Mouillart remarque tout d'abord que le resserrement des conditions d'octroi de crédits « est devenu une réalité ». Le professeur anticipe pourtant une baisse des taux directeurs de la BCE d'ici le printemps prochain « d'au moins 25 points de base ». Cette diminution permettrait de modérer la remontée des taux de crédits immobiliers qui s'établiraient ainsi « autour de 4,15% en juin et de 4,25% vers la fin 2012 ». Par ailleurs, les principes de Bâle III ont changés le profil des investisseurs indique-t-il. Ces règles prudentielles obligent les banques à limiter leur risque, en raccourcissant la durée des prêts consentis et en se tournant vers des ménages en mesure d'effectuer un apport personnel. Marché sans aide de l'Etat ou presque Michel Mouillart estime donc que les conditions d'accès au logement vont se restreindre. Une situation encore aggravée par « la remise en cause des aides publiques à l'accession (...) et à l'investissement locatif privé », ajoute-t-il, évoquant la suppression du prêt à taux zéro plus (PTZ+) dans l'ancien, son recalibrage dans le neuf, ou le nouveau rabotage du dispositif Scellier. « Ce sont les accédants les plus modestes qui devraient être touchés au premier plan », précise le professeur car leurs besoins d'endettement sont les plus élevés. Effet boule de neige : une baisse d'activité trop importante du marché de l'ancien risque enfin « de bloquer le marché du neuf, comme cela avait d'ailleurs été constaté sur une grande partie des années 1990 », observe Michel Mouillart. Déjà, ajoute-t-il, les « les intentions des manages concernant la souscription future de nouveaux crédits durant les six premiers mois de 2012 sont au plus bas ». Ainsi, à partir d'un niveau de construction de 421.000 unités en 2011 (contre 346.000 en 2010), les mises en chantier devrait reculer d'à peu près 45.000 unités en 2012, estime-t-il, « et d'encore au moins 15 000 mises en chantier en 2013 ». L'an prochain, la construction de 360.000 logements serait ainsi lancée. De même, pour le secteur de la promotion immobilière, « l'activité devrait encore se réduire d'au moins 10.000 unités en deux ans », craint-il. En 2011, les promoteurs ont vendu 100.000 logements neufs à des accédants à la propriété et à des investisseurs. Alors que Nexity regrettait que le pays manque « de près d'un million de logement » et pointe l'urgence « d'aller vite », il apparait que le compte n'y est pas encore. |
















