Copropriétés : les obstacles à la rénovation énergétique sont nombreux

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L'amélioration des copropriétés rencontre de nombreux obstacles, selon l'Observatoire prospectif de la rénovation énergétique des logements en copropriété (Orec). Au-delà du coût, les décisions collectives dans le parc privé et les propriétaires bailleurs freinent l'amélioration des logements.

Les obstacles à la rénovation énergétique des copropriétés sont nombreux et surtout humains, selon l'Observatoire prospectif de la rénovation énergétique des logements en copropriété (Orec). Ainsi, « si les mesures publiques et l'offre des professionnels restent en l'état, le gain d'énergie dans les copropriétés sera de 15% entre 2010 et 2020, loin des 38% fixés comme objectif du Plan Bâtiment » issu du Grenelle de l'environnement.

Sans surprise, le coût des opérations joue dans la décision de la plupart des propriétaires, qu'ils soient occupants (54%) ou bailleurs (72%). Il reste « un des obstacles les plus importants, d'autres travaux étant par ailleurs indispensables (mise en sécurité des ascenseurs, ravalements, remise en état des parties privatives lors des changements de locataires). »

Un manque de volonté chez les copropriétaires et bailleurs

Au-delà du coût, la rénovation des copropriétés (près de 8 millions d'appartements, soit 28% du parc des résidences principales) est fragilisée par l'attitude des propriétaires bailleurs, moins enclins à se lancer dans des travaux, d'autant plus s'ils sont importants. « Les bailleurs sont souvent réticents à améliorer la performance d'un logement dont ils ne supportent ni les charges locatives ni le manque éventuel de confort. Ainsi, les propriétaires occupants font plus de travaux d'isolation de toiture (19% contre 15%) et de changements de système de chauffage (10% contre 6%) », indique l'Orec. Cette tendance pourrait perdurer à l'avenir, 36% des propriétaires occupants interrogés par l'Orec envisageant des travaux de rénovation énergétique dans les cinq années à venir, contre 26% des propriétaires bailleurs.

Les copropriétaires eux-mêmes ne facilitent pas les démarches. En cause, un manque de motivation individuelle qui rend plus difficile l'établissement d'un consensus sur les travaux à mener. 45% des copropriétaires interrogés expliquent que c'est « la volonté des autres copropriétaires » qui constitue leur motivation principale pour accepter des travaux dans les parties communes afin d'économiser l'énergie.

Plus inquiétant encore, les syndics peinent à informer et intéresser les copropriétaires sur le sujet, ce qui nourrit leur manque d'enthousiasme. « Alors que 78% des syndics estiment informer souvent (47%) ou parfois (31%) les copropriétaires sur les questions de rénovation énergétique, ils constatent eux-mêmes que leurs propositions ne sont un facteur déclenchant des travaux de rénovation énergétique dans les parties communes que dans 36% des cas. »

Associer confort et économies d'énergie

Pour encourager copropriétaires, bailleurs et syndics à s'engager dans la rénovation thermique, l'Orec estime nécessaire d'améliorer l'information de chacun, en particulier concernant les aides publiques à leur disposition. « Les copropriétaires ayant connaissance de l'éco-PTZ ont 52% plus de chances d'effectuer des travaux d'isolation en parties communes que les autres, et ceux connaissant la TVA à taux réduit ont 77% plus de chances de remplacer les ouvertures en parties privatives », note l'Orec, signe qu'une meilleure information sur le sujet renforce la volonté de mener à bien les travaux.

De plus, si les économies d'énergie et les hausses de prix figurent parmi les principales motivations des copropriétaires pour améliorer leur logement, la notion de confort doit également être mise en avant estime l'observatoire. Cité par un copropriétaire sur deux comme facteur de déclenchement des travaux, la recherche d'un meilleur confort doit ainsi être associée à la recherche d'économies d'énergies afin d'encourager les copropriétaires récalcitrants. Et ainsi, par extension, favoriser les plans du gouvernement, qui entend lancer la rénovation d'un million de logements par an à partir de 2013.

A lire également sur le sujet, les amélirorations du crédit d'impôt développement durable (CIDD) et de l'éco-prêt à taux zéro (PTZ) prévues pour 2013.

 

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